Mise à jour le 03.04.2024

Eau et Territoire

À travers la variété de ses paysages naturels, sa façade maritime et son réseau hydrographique dense marqué par le parcours imposant de la Loire, la région se profile comme une terre où la prédominance de l’eau constitue un élément distinctif de son identité.

Le climat océanique et les paysages ouverts ont ainsi contribués au développement des secteurs primaires (agriculture, élevage, pêche, viticulture..), secondaires (industries, constructions navales…) et tertiaires (tourisme) sur les quelques 32 000 km² et parmi les 3,8 millions de résidents qui caractérisent la région.

L’ensemble de ces activités exerce une influence plus ou moins grande sur la ressource en eau. Afin de mettre en œuvre des actions cohérentes et appropriées en vue d’un partage équitable et d’une utilisation durable de cette ressource, il est crucial de comprendre le contexte territorial qui entoure la région.

Géographie

L’origine des matériaux géologiques et le climat ont eu un impact important sur le développement des écosystèmes, la création des paysages et la morphologie de la région. Quelques notions utiles pour comprendre la géographie de la région sont décrites ci-dessous.

Géologie et hydrogéologie

En Pays de la Loire, 3 grands domaines géologiques composent le territoire. Il s’agit du Massif Armoricain, du bassin parisien (à l’Est) et du bassin aquitain (au Sud).

Le Massif Armoricain, qui s’étend sur la majorité du territoire (Vendée, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Mayenne), est principalement constitué de roches cristallines. Les socles cristallins sont notamment réputés pour leurs ressources en eaux souterraines limités, qui sont d’ailleurs souvent négligées, car possédant un faible débit d’exploitation . Sur ce type de socle, le ruissellement peut être localement important car l’infiltration de l’eau dans le sol y est plus difficile.

À l’inverse, les bassins parisiens et aquitains constitués principalement de roches sédimentaires poreuses (calcaires, sables, craies) offrent une plus grande capacité de stockage en eau souterraine. Sur ces zones, les échanges entre les nappes et les eaux superficielles y sont facilités, et les nappes peuvent plus facilement soutenir les écoulements en période d’étiage.

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Eaux de surface

À l’instar des eaux souterraines, les eaux de surface (ou eaux superficielles), regroupent l’ensemble des masses d’eau en contact direct avec l’atmosphère. La région est couverte par 456 masses d’eau référencées et possède un réseau hydrographique particulièrement dense et ramifié (30 178 km de cours d’eau en Pays de la Loire).

Parmi ces masses d’eau, se distinguent les principaux cours d’eau : la Loire, la Vilaine, l’Erdre, la Mayenne, la Sarthe, l’Huisne, le Loir et la Sèvre Nantaise. La région se caractérise également par des sites et milieux naturels d’intérêts : Marais poitevins, Lac de Grand-Lieu, marais salants, zones humides, tourbières, vallées alluviales etc. Ces espaces, en plus de contribuer à la richesse paysagère et naturelle du territoire, sont essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes : migration, corridors écologiques ou zones de refuge pour les animaux.

Seulement 11% des masses d’eau en Pays de la Loire sont en bon état écologique (contre 44% à l’échelle nationale) d’après les objectifs fixés par la DCE. Plus d’informations ici.

De plus, la région se caractérise par un très grand nombre de plans d’eau : plus de 40 000 plans d’eau de plus de 1000 m² ont été répertoriés. Ces masses d’eau, bien que pouvant présenter des intérêts ludiques (pêche, plaisance) engendrent des impacts parfois sévères sur la qualité et la quantité de la ressource en eau. Selon que les plans d’eau sont connectés ou non aux cours d’eau, ils peuvent notamment affaiblir le débit naturel des cours d’eau, représenter un obstacle à l’écoulement, affecter la qualité de l’eau restituée etc.

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Façade maritime

Les eaux côtières de la région s’étendent sur 450 km de littoral (soit 8% du linéaire côtier en France métropolitaine), abritant une diversité dynamique d’écosystèmes naturels et représentent un pôle économique et touristique attractif.

Par nature fragile, ce milieu requiert une concertation globale des politiques et des usagers afin d’assurer sa préservation. En effet, les eaux côtières sont fortement liées aux bassins versant et reçoivent l’ensemble des pollutions provenant de l’amont. De plus, l’ensemble des activités ayant lieu sur ces zones (pêche, élevage de coquillages, plaisance, sports nautiques, transport etc.) peuvent également avoir des impacts significatifs sur l’état du littoral.

Zones humides

Une zone humide est un espace caractérisé par une saturation plus ou moins prolongée des sols en eau (eau douce, salée ou saumâtre). En Pays de la Loire, c’est près de 13% du territoire qui est couvert par ce type de milieu.

Les zones humides regroupent un ensemble d’écosystèmes différents : prairies humides, tourbières, roselières… L’ensemble de ces écosystèmes joue un rôle clé dans la régulation de nombreux processus naturels, comme :

  • La dénitrification : processus naturel qui permet la transformation des nitrates en azote atmosphérique
  • La régulation des crues
  • Le stockage de carbone
  • Le maintien et la fonction d’accueil de la biodiversité
  • La limitation de l’érosion
Zones humides

Cependant, ces milieux ont été fortement altérés et dégradés suite à leurs transformations en terres de cultures, par le drainage agricole, la fertilisation ou la transformation des marais en plan d’eau ou en peupleraies. Afin de rétablir les fonctionnalités de ces milieux, différentes initiatives sont mises en place par les collectivités, les chambres d’agricultures et les syndicats de bassins versants.

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Climat

Caractérisée par un climat globalement océanique, la région est sujette à de fortes disparités en termes de précipitations : entre 600 mm sur le Layon et 1100 mm sur les reliefs du nord de la Mayenne ou les Gâtines en Vendée. Les températures sont clémentes toute l’année et les périodes de gel quasi inexistantes favorisant ainsi la croissance végétale, le développement du tourisme, ou encore de la saliculture.

Occupation du sol

Agriculture

Occupant près des deux tiers du territoire (2,2 millions d’hectare en 2020), la région est la 2ème région française avec la plus grande surface agricole utile (SAU) après la Normandie (exæquo avec les Hauts-de-France). Cette proportion de terres allouées à l’agriculture varie selon les départements, avec 60% du territoire couvert en Loire-Atlantique contre 77% en Mayenne, où certaines communes comptent localement des proportions dépassant les 80%.

La production est majoritairement orientée vers l’élevage, et les superficies allouées aux prairies, céréales et cultures fourragères annuelles représentent à elles seules 89% de la SAU (respectivement 44%, 31% et 14%) . Cependant, la région se caractérise aussi par des cultures spécialisées : production viticole, maraichage, arboriculture fruitière et horticulture ornementale.

Cultures agricoles en Pays de la Loire
source : https://www.paysdelaloire-eco.fr/ressources-analyses/agriculture/productions-agricoles/

Ces productions sont motivées par le paysage relativement ouvert et peu accidenté, la géologie cristalline du Massif Armoricain ainsi que des sols plutôt acides. Selon le type de culture, la localisation de la parcelle et de la saison, les besoins en eau ne seront pas les mêmes. En Vendée et dans le Maine-et-Loire, ce sont 10 à 20% de la SAU qui ont été irriguées en 2020. Dans les autres départements, les besoins en eau sont moins importants, mais peuvent varier localement.

Les données et datavisualisation du secteur agricole développés par TEO sont accessibles ici.

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Boisement et bocage

Par comparaison avec d’autres régions, le taux de boisement en Pays de la Loire peut être considéré comme faible, avec près de 12% de la surface du territoire occupé par des bois, forêts et peupleraies. Cependant, la région se caractérise par un maillage bocager conséquent, bien qu’en régression ces dernières années.

Selon la définition de l’Office Français pour la Biodiversité (OFB), le bocage est « un paysage agricole composé d’une mosaïque de prairies et de cultures de tailles et formes variables, délimitée par des haies, avec ou sans talus, souvent associées à des bois et des réseaux de mares ».

Historiquement, les sols lourds et souvent pauvres de la région étaient valorisés par des systèmes de polyculture élevage, nécessitant un maillage dense de haies afin de retenir l’eau et de limiter l’érosion. Outre ces fonctions, les haies et bocages sont aussi de véritables réservoirs de biodiversité, des puits carbones, et permettent de limiter la dérive des produits phytosanitaires.

En Pays de la Loire, le linéaire de haies est de 148 207 km. D’autres informations relatives aux chiffres clés en lien avec le bocage sont disponibles à travers le Tableau de bord ici.

Artificialisation des sols

L’artificialisation est définie dans l’article 192 de la loi Climat et résilience comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage ». Bien souvent imperméables, ces surfaces contribuent notamment à l’amplification des risques d’inondations, la perte de biodiversité, le réchauffement climatique et la réduction du potentiel agronomique des sols.

En Pays de la Loire, 10% des sols sont artificialisés : plus d’informations ici.

Pressions liées à la ressource en eau

En Pays de la Loire, seulement 11% des masses d’eau sont en bon état écologique, ce qui signifie que la majorité de celles-ci subissent des altérations biologiques, physico-chimiques et/ou hydromorphologique. Plusieurs facteurs aggravants permettent de comprendre la situation en Pays de la Loire : l’artificialisation des sols, l’aménagement des cours d’eau, la présence de nombreux plans d’eau et certaines pratiques agricoles. Ces facteurs combinés à la situation géographique du territoire le rendent particulièrement vulnérable, notamment pendant les périodes d’étiage et de sécheresse.

En outre, les impacts liés au changement climatique pourront avoir des effets plus ou moins important sur l’état de la ressource dans le futur. Le rapport du GIEC en Pays de la Loire dresse un bilan de la situation : les périodes de sécheresse et les vagues de chaleur sont les facteurs les plus préoccupants pour la région. D’après les scénarios étudiés par le projet Explore 2070 , le bassin Loire-Bretagne est exposé d’ici l’horizon 2050-2070 à une baisse significative des pluies estivales, du débit annuel des cours d’eau (jusqu’à -60% à l’étiage), une baisse de 50% de la recharges des aquifères et l’augmentation de l’asséchement des sols toute l’année.

C’est pourquoi une gouvernance réfléchie et cohérente de l’ensemble des acteurs de l’eau et sur l’ensemble du territoire est primordiale, notamment au travers des outils de planification, et en améliorant l’état des connaissances.