Le changement climatique

D’après le volume 1 du 6ème rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique (GIEC) qui évalue l’état des connaissances scientifiques sur l’évolution du climat, ses causes et ses impacts, publiés en août 2021, la température de surface globale sur la période 2001-2020 est supérieure d’environ 1 °C aux valeurs de l’ère préindustrielle (1850-1900).

En France, on constate une augmentation moyenne de +1,5°C depuis 1900, avec une accélération constatée depuis 1980.

Les activités humaines, responsables du changement climatique

La communauté scientifique est unanime sur la cause du changement climatique : l’effet de serre, phénomène naturel sans lequel la température moyenne à l’échelle du globe serait de -18°C, est amplifié sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les activités humaines. L’usage des combustibles fossiles contribue pour une grande part à l’augmentation de la concentration en gaz à effet de serre de l’atmosphère.

Selon les scénarios d’évolution des émissions de gaz à effet de serre du rapport du GIEC de 2021, au rythme des émissions actuelles, le changement climatique de 1,5 et 2°C sera dépassé au cours du 21ème siècle sauf réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre dans les décennies à venir. Sans rehaussement de l’ambition des pays et sans mise en œuvre immédiate des mesures nécessaires, le changement climatique global devrait atteindre 3 °C ou plus d’ici 2100.

A l’échelle mondiale, les changements impliques une modification de la répartition des précipitations, la diminution des glaciers et des couvertures neigeuses, un réchauffement des océans ainsi qu’un appauvrissement de leur teneur en oxygène et l’augmentation de leur niveau: +0,15 à 0,25 m entre 1901 et 2018, avec une accélération du rythme constatée.

Les conséquences prévues pour la France de ces évolutions sont nombreuses : phénomènes climatiques aggravés, bouleversement des écosystèmes, crises alimentaires…

En métropole, dès la période 2021-2050, les vagues de chaleur estivales deviendront plus fréquentes, plus longues et plus intenses, avec des évolutions plus marquées encore pour le quart sud-est. D’ici la fin du siècle, un épisode caniculaire tel que celui de l’été 2003, causant 15 000 morts, deviendrait courant, voire serait régulièrement dépassé, tant en intensité qu’en durée. La France risque de connaître, d’ici 2100, des sécheresses agricoles quasi continues et de grande intensité, totalement inconnues dans le climat actuel.

Concernant les pluies extrêmes, une tendance générale se dessine avec une augmentation de leur intensité, principalement en hiver, et une extension des zones impactées notamment vers le sud-est ou les Pyrénées.

Les territoires exposés aux risques d’incendies de forêts devraient être plus étendus, couvrant une part importante des forêts des Landes et de Sologne (horizons 2040 et 2060).

Outre-mer, les simulations du climat pour le XXIe siècle indiquent que les cyclones ne devraient pas être plus nombreux, mais plus intenses.

Ci-contre: Carte des impacts déjà visibles et à venir d’ici 2050 en France – crédits MTES/DICOM

Un GIEC régional a été mis en place avec pour mission de préciser les principaux effets et impacts attendus sur la région par un travail d’activation et d’agrégation des recherches scientifiques menées en Pays de la Loire.

Un objectif : limiter la hausse de température à + 1,5°C

S’il apparaît inévitable, le changement climatique peut être limité. Une augmentation de température ne dépassant pas 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle : c’est l’objectif des pays signataires de l’Accord de Paris, signé en 2015 lors de la COP21 et du paquet climat décidé lors de la COP24. Cet accord universel et ambitieux pose les bases d’un nouveau régime climatique dont l’objectif est de contenir la hausse des températures bien en deçà de 2 °C (objectif inscrit dans les précédents accords internationaux) et de s’efforcer de la limiter à 1,5 °C. Le « paquet climat » adopté lors de la COP24 à Katowice entérinait cette trajectoire mais le « Pacte de Glasgow » adopté lors de la COP26 reste moins ambitieux que l’Accord initial.

La mise en action : Des ambitions internationales aux objectifs régionaux et locaux

Dans la lutte contre le changement climatique, deux types d’actions sont menés conjointement :

  • Les mesures d’atténuation, visant à limiter l’ampleur du changement climatique, par la diminution des émissions de gaz à effet de serre, par exemple en diminuant les consommations d’énergie.
  • Les mesures d’adaptation, dont l’objectif est de réduire l’exposition et la vulnérabilité aux impacts négatifs du changement climatique, par exemple en anticipant le recul du trait de côte lié à l’élévation du niveau des mers dans l’aménagement du territoire, en prévoyant des zones de nature en ville pour limiter le phénomène d’îlots de chaleur ou encore en choisissant de nouvelles espèces en agriculture et sylviculture (le champ de l’adaptation est abordé dans la page suivante: L’adaptation au changement climatique)

Il est donc évident que le changement climatique nécessite une mobilisation à toutes les échelles : mondiale, européenne, nationale, régionale, locale…

Historiquement, la France, en tant que membre de l’Union européenne, s’est engagée à réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020, par rapport à leur niveau de 1990 (Paquet énergie-climat). La France a également pour objectif de diviser par quatre ses émissions à l’horizon 2050 (Lois POPE en 2005 et Grenelle en 2009-2010).

Actuellement, à l’occasion de la révision de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) adopté en 2020, la France a pour objectif d’accélérer la lutte contre le changement climatique en se fixant un nouvel objectif : viser la neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cela, il est nécessaire de sortir des énergies fossiles et d’agir dans tous les secteurs : énergie, industrie, transport, rénovation des logements, agriculture et alimentation… C’est ainsi que ces objectifs sont déclinés de façon plus opérationnelle à travers des lois (Transition énergétique pour la croissance verte, Climat et résilience) et leurs décrets associés.

Devant la nécessité de l’action, l’ADEME a également proposé 4 scénarios pour atteindre l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine et leur retrait de l’atmosphère avec sa publication Transition 2050.

En Pays de la Loire, les objectifs nationaux et supranationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre se déclinent au niveau régional dans plusieurs documents stratégiques (voir la page TEO dédiée à ce sujet: La stratégie régionale de transition énergétique).

Plus localement, les collectivités territoriales se dotent également d’une politique climatique et énergétique (voir la page de TEO dédiée ce sujet: Les stratégies locales de transition énergétique).


En savoir plus