L’adaptation au changement climatique

Le climat se réchauffe et cette tendance se maintiendra dans les années à venir. L’homme et la nature ont la capacité de s’adapter spontanément aux bouleversements engendrés par le changement climatique. Mais, si l’on ne se prépare pas à ce changement, il induira des coûts et des dommages bien supérieurs aux coûts de l’anticipation. L’adaptation, c’est l’anticipation du changement climatique pour en limiter les impacts négatifs et pour tirer parti des nouvelles opportunités.

La nécessité de planifier l’adaptation au changement climatique

Cette adaptation doit être envisagée comme complément indispensable aux actions d’atténuation, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) déjà engagée.

L’adaptation « spontanée » ou « réactive » répond à un risque avéré, pouvant créer des dommages locaux. Elle n’est alors pas précédée d’une analyse globale des risques, comme c’est le cas des plans Canicule. L’adaptation dite « planifiée » permet d’anticiper le risque. Elle intègre le facteur « changement du climat » dans les politiques publiques et la gestion des infrastructures et des espaces publics. Elle permet de limiter la mal-adaptation, c’est-à-dire des mesures prises conduisant à augmenter la vulnérabilité, comme par exemple l’augmentation des émissions de GES renforçant le changement climatique du fait de l’installation de climatisations destinées à améliorer le confort thermique d’été.

La France met en œuvre un Plan National d’Adaptation au Changement Climatique, le 1er plan couvrant la période 2011-2015, le 2nd la période 2018-2022. L’objectif général du Plan national d’adaptation au changement climatique 2018-2022 (PNACC-2) est de mettre en œuvre les actions nécessaires pour adapter, d’ici 2050, les territoires de la France métropolitaine et outre-mer aux changements climatiques régionaux attendus, selon différents domaines d’action :

  • la gouvernance et l’articulation entre les échelons nationaux et territoriaux ;
  • l’information de la population ;
  • la prévention et la résilience, des filières économiques notamment ;
  • la reconnaissance de la valeur de la biodiversité et des services écosystémiques pour l’adaptation en privilégiant les solutions fondées sur la nature ;
  • l’échange d’expériences menées dans les autres pays.

Il prévoit des actions visant à anticiper les changements en cours et les mesures à prendre pour faire face. On note ainsi, parmi les actions de ce plan, le renforcement de l’exigence du confort d’été dans les bâtiments et la prise en compte des risques liés aux canicules, le développement d’une agriculture moins dépendante en eau ou encore de nombreuses actions destinées à renforcer les connaissances des effets du réchauffement climatique sur différents secteurs pour éclairer les décideurs dans leurs choix (santé, énergie, biodiversité…).

Des territoires moteurs

Malgré la nécessité de mettre en place au niveau national des politiques climatiques, les mesures d’atténuation se concrétisent le plus souvent à un niveau local. De nombreuses actions sont déjà mises en œuvre par les territoires, recensées notamment par une série de « fiches action » de l’ADEME. Celles-ci concernent tout aussi bien les aménagements, les infrastructures et le bâtiment, comme c’est le cas à Lyon avec le développement d’une culture végétale en ville, que les écosystèmes et les ressources naturelles, comme la réhabilitation des tourbières du Jura pour s’adapter aux changements des régimes hydriques, ou encore l’organisation et la gouvernance du territoire, comme à Paris avec l’élaboration d’ une stratégie d’adaptation fondée sur la vision d’une ville résiliente ou la prise en compte du changement climatique dans un projet d’aménagement urbain.

Les fiches action de l’ADEME : https://www.ademe.fr/actions-dadaptation-changement-climatique

L’amélioration de la connaissance des enjeux locaux

Dans notre région, une étude commanditée par la Datar et pilotée par le SGAR des Pays de la Loire, a été réalisée en 2013, avec pour objectif la définition d’une stratégie d’adaptation au changement climatique cohérente à l’échelle du Grand Ouest et fournissant des préconisations adaptées aux différents territoires.

Le rapport : http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/l-adaption-au-changement-climatique-dans-les-pays-a2261.html

Les Pays de la Loire disposent également d’un observatoire régional sur l’agriculture et le changement climatique (ORACLE) porté notamment par la Chambre Régionale d’Agriculture. ORACLE a notamment dressé en 2016 un état des lieux des tendances climatiques régionales, des risques, des impacts agricoles et des leviers d’adaptation possible. Ces premiers résultats révèlent des tendances climatiques frappantes mais aussi de fortes variabilités climatiques qui impliquent à la fois une adaptation sur le long terme et imposent une réactivité pour absorber les variations annuelles importantes.

La publication de la Chambre régionale d’Agriculture : https://pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr/publications/publications-des-pays-de-la-loire/detail-de-la-publication/actualites/oracle-observatoire-regional-sur-lagriculture-et-le-changement-climatique-en-pays-de-la-loire/


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