Les prélèvements en Eau brute en Pays de la Loire
Bilan régional des Pays de la Loire
Ce PowerBI présente un état des lieux synthétique des volumes prélevés en Pays de la Loire, ainsi que leur évolution depuis 2008. Les variations annuelles sont dues à de nombreux facteurs (météorologie, activités économiques, restrictions en période de sécheresse…) et sont à étudier chacune spécifiquement.
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Bilan par EPCI en Pays de la Loire
Ce PowerBI propose des indicateurs sur les prélèvements à l’échelle de l’intercommunalité, ainsi qu’une cartographie dynamique des points de prélèvement sur le territoire sélectionné.
Pour des raisons de sécurité, la localisation exacte des prélèvements à destination de l’eau potable n’est pas publique. Selon l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau potable ne suit pas les limites administratives. Ainsi certains EPCI n’ont pas de prélèvements pour la production d’eau potable sur leur territoire, mais dépendent de prélèvements effectués sur d’autres intercommunalités (exemple de la CARENE et Cap Atlantique).
Il en va de même au moment d’estimer les volumes réellement consommés. Tout usage confondu, les consommations dans un EPCI ne viennent pas forcément du même territoire, et certains volumes peuvent être importés.
Le zonage géographique des EPCI est celui de 2023. Depuis 2008, certaines communes se sont regroupées ou ont changé d’intercommunalité, cependant le zonage utilisé est le même pour toute la chronologie. La composition des EPCI depuis leur création est à retrouver sur le portail des collectivités locales
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Bilan par SAGE en Pays de la Loire
Dans le même format que l’échelle EPCI, le PowerBI suivant présente les données de la BNPE pour chaque SAGE ayant tout ou partie de son territoire en Pays de la Loire.
Les délimitations des SAGE sont issues du portail Gest’eau, dans leur version de février 2026. C’est ce dernier découpage qui est utilisé pour sélectionner géographiquement les points de prélèvement depuis 2008. Ainsi, si le découpage du SAGE a évolué dans le temps, les données du PowerBI n’intègrent pas ces variations de territoire.
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Vision départementale de la répartition des prélèvements bruts
Les cartographies suivantes donnent une vision macroscopique des prélèvements en Pays de la Loire. Les données ont été agrégées à la commune pour faciliter la lecture tout en gardant un maillage assez fin du territoire. Les volumes des prélèvements dits « écrasants » (à usage énergétique) ne sont pas affichés. Les cartographies présentent des spécificités de chaque département, liées à leur contexte hydrogéologique et leur aménagement du territoire :
Loire-Atlantique : département le plus peuplé, la majorité des prélèvements sont destinés à la production d’eau potable. Avec une grande diversité de sols, l’eau provient à 39.0 % des nappes phréatiques (hors prélèvement énergétiques). Les plus gros prélèvements en eaux de surface sont tous situés sur la Loire, pour la production d’eau potable, l’industrie et l’irrigation. Des prélèvements à usages énergétiques (non représentés ici) sont également situés sur la Loire, proches de l’estuaire.
Maine-et-Loire : les prélèvements sont majoritairement souterrains sur la zone sédimentaire située à l’est du département et destinés à l’irrigation et l’eau potable. Les zones magmatiques ou métamorphiques privilégient des prélèvements de surface pour ces mêmes usages. La production d’eau potable pour la métropole d’Angers est issue de captages dans la Loire.
Mayenne : moins peuplé et peu irrigué, le département a aménagé un réseau de prélèvements dans ses nappes phréatiques à destination de la production d’eau potable. Les plus gros prélèvements de surface sont situés tout au long du cours de la Mayenne. C’est également sur ce cours d’eau que se trouvent plusieurs aménagements hydroélectriques (usages énergétiques).
Sarthe : situé sur une zone sédimentaire, le département a un réseau dense de forages souterrains pour l’irrigation et la production d’eau potable. Le cours de la Sarthe est prélevé pour l’alimentation en eau potable du Mans et les activités industrielles locales.
Vendée : le sud du département, situé en zone sédimentaire, privilégie les prélèvements souterrains pour l’irrigation, le reste du territoire utilise les eaux de surfaces (cours d’eau et retenues d’eau) pour la production d’eau potable et l’irrigation.
En règle générale, les zones sédimentaires ont des nappes phréatiques productives et facilement exploitables, majoritairement pour l’irrigation. Les zones métamorphiques et magmatiques favorisent l’écoulement de l’eau par rapport à l’infiltration, ce qui donne des nappes phréatiques réactives et peu exploitables. Dans ces zones, les prélèvements sont majoritairement en eau de surface, dans les cours d’eau. L’alimentation en eau potable des zones urbaines de Nantes et Angers est majoritairement basée sur des prélèvements dans la Loire.
Pour en savoir plus sur la géologie de la région et la dynamique hydrogéologique, le SIGES Pays de la Loire (branche régionale du BRGM) partage de nombreux contenus sur le sujet.




La Banque Nationale des Prélèvements quantitatifs en Eau (BNPE)
La Banque Nationale sur les Prélèvements quantitatifs en Eau (BNPE) répertorie depuis 2008 les volumes d’eau brute directement prélevés dans le milieu naturel et les catégorise par origine (souterraine ou surfacique) et usage (7 catégories).
Cette démarche a permis de standardiser les données de prélèvement à l’échelle nationale et de faciliter le suivi chronologique. La BNPE est le fruit de la collaboration de nombreuses structures nationales et de bassins (OFB, BRGM, Direction de l’Eau et de la Biodiversité (DEB), Agences de l’Eau) et est intégrée au Système d’Information sur l’Eau (SIE)
Cette source de donnée n’est cependant pas exhaustive concernant les prélèvements en eau. Les données accessibles sont celles soumises à redevance par l’Agence de l’Eau, dont le seuil de déclaration est de 10 000 m³ prélevés par an (7 000 m³ si l’ouvrage est situé en Zone de Répartition des Eaux (ZRE)). D’autres seuils de déclaration s’appliquent s’il s’agit d’ouvrages ICPE (suivis par la DREAL) ou IOTA (suivis par les DDT(M)). Certains usages sont également exonérés de redevance (lutte contre les incendies, géothermie, aquaculture). Ainsi, de nombreux prélèvements domestiques ne sont pas comptabilisés, ce qui pourrait représenter à l’échelle nationale un supplément moyen de 5% (200M de m³ par an) par rapport aux volumes domestiques prélevés répertoriés (note d’analyse France Stratégie, p11).
Les catégories utilisées par la BNPE limitent également l’analyse du contexte de prélèvement. Dans la catégorie « Industrie et Activités économiques », les codes NAF ne sont pas précisés et il est impossible d’affiner la recherche par catégorie professionnelle. La catégorie « Eau potable » ne différencie pas les usages domestiques et non domestiques, ni ne permet de mesurer les consommations finales. La catégorie « Irrigation » ne prend pas en compte l’abreuvement ou les autres usages agricoles. Les usages de loisir ne sont également pas comptabilisés (neige artificielle, piscine…).
La BNPE rend compte des prélèvements en eau sur une année complète. Cela ne permet pas une analyse saisonnière des prélèvements, dont la différence est très marquée notamment pour l’irrigation. Les données sont publiées à l’année N-2.
Comment estimer la consommation réelle des eaux prélevées ?
L’eau prélevée dans le milieu naturel ne correspond pas exactement à l’eau consommée lors de son utilisation. Selon l’usage, un pourcentage des volumes prélevés n’est pas retourné au milieu d’origine, ce qui correspond aux volumes dit « consommés ». Ce pourcentage n’est pas mesuré exactement et une estimation permet d’évaluer les volumes concernés. Une note du Ministère de la Transition Écologique publiée en 2023 précise la méthodologie pour estimer le coefficient de consommation pour chaque usage de la BNPE :
- Eau potable : la consommation est assimilée aux fuites sur le réseau de distribution de l’eau potable. Le rendement des réseaux d’eau de chaque département est estimé par l’observatoire SISPEA.
- Énergie : les prélèvements de cette catégorie se concentrent sur trois sites de production d’électricité en Loire-Atlantique (Cordemais, Elengy et Engie SPEM). Le coefficient de consommation de chaque site est estimé en se basant sur la méthodologie FranceStratégie. Plus de détails sur leurs prélèvements et leurs rejets sont disponibles sur la plateforme GeoRisques (données en cours de consolidation) :
- Cordemais (identifiant 0006301217, centrale à charbon) : consommation estimée à 5 %
- Elengy (identifiant 0006300974, centrale à flamme) : consommation estimée à 0.7 %
- Engie SPEM (identifiant 0006305026, centrale à flamme) : consommation estimée à 0.7 %
- Irrigation : pour cet usage on considère une consommation de 100 % (l’irrigation gravitaire étant peu pratiqué sur le bassin Loire-Bretagne)
- Industrie et activités économiques : on estime la consommation à 7 % des prélèvements (moyenne sur tous les domaines d’activités)
- Eau turbinée (barrage) et canaux : on considère que toute l’eau prélevée est restituée au milieu naturel
Le diagramme de Sankey ci-dessous se base sur ces valeurs estimatives :
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Pour aller plus loin, une note méthodologique du ministère en charge de l’écologie précise le mode de calcul pour les usage énergétique et d’irrigation. FranceStratégie propose une grille détaillée des facteurs de consommation par secteur d’usage (donnée non disponible dans BNPE).
Pour élargir l’évaluation de la consommation en eau à tous les produits et services consommés par les habitants d’un territoire, la notion d’empreinte eau intègre la consommation d’eau nécessaire aux produits importés de l’étranger. A titre d’exemple, l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne (OEB) a calculé l’empreinte eau des bretons : 200 m³ par an et par habitant, dont 87 % est consommé à l’étranger.
Enfin, malgré leur exclusion pour des raisons de lisibilité, les usages énergétiques n’ont pas un impact nul sur le milieu. En effet, la majorité sont utilisés pour le refroidissement des centrales thermiques ou les barrages hydroélectriques. Dans le premier cas, les centrales thermiques rejettent une eau plus chaude dans le milieu, ce qui peut impacter la biodiversité. Les barrages sont des obstacles à la continuité des cours d’eau. Ces usages intègrent aussi un certain délai avant le rejet des volumes prélevés, et parfois un décalage géographique entre le point de prélèvement et celui de rejet.
En savoir plus
- TEO – Eau et Territoire
- TEO – Sécheresse des cours d’eau ligériens
- TEO – L’étiage en Pays de la Loire
- Plus d’information sur les données BNPE – Fiche technique pour les acteurs du SIE
- Synthèse EauFrance sur les prélèvements en eau – mémos de l’OFB (2023)
- Portail notre-environnement.gouv.fr – synthèse des connaissances sur l’eau en France en 2022
- France Stratégie – note d’analyse 136 et méthodologie
- SDES – Les prélèvements en eau douce en France et le focus sur les Pays de la Loire (exclus les volumes prélevés dans l’estuaire de la Loire)

