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Mise à jour le 21.09.2026

Suivi des débits des cours d’eau

En Pays de la Loire et dans toute la France, 2026 a été une année exceptionnelle en termes d’hydrométrie. Elle a combinée des crues cinquantennales en février-mars, et des assecs vicennaux (ou cinquantennaux pour certains cours d’eau) en période d’étiage

L’hydrométrie, qu’est-ce que c’est ?

Comment mesure-t-on un débit ?

Chaque cours d’eau a sa propre dynamique, constituée d’une période de hautes eaux et de basses eaux (période d’étiage). Son débit est la quantité d’eau qui s’écoule dans le lit du cours d’eau, en un temps donné. Il est généralement mesuré en litres par seconde (ou mètres cubes par seconde pour les grands cours d’eau). 

Sur le terrain, ce sont les hauteurs d’eau qui sont mesurées en continu, à l’aide d’échelles limnimétriques positionnées aux stations de mesure. Ces valeurs sont converties en débits via la courbe de tarage qui décrit la topographie du lit du cours d’eau à la station de mesure. Ces valeurs instantanées sont ensuite agrégées par jour pour obtenir le débit moyen journalier.

L’année hydrologique est usuellement représentée du 1er septembre au 31 août.

Les sites hydrométriques en Pays de la Loire

Un site hydrométrique est une portion de cours d’eau pour laquelle les débits sont considérés homogènes (voir définition de l’Hydroportail). Un site est constitué d’une ou plusieurs stations hydrométriques sur cette portion, permettant de mesurer le débit (via la hauteur d’eau). Le site porte uniquement des données de débit, issues des mesures remontées par la ou les stations.

Dans le tableau de bord du haut de page, les sites affichés sont ceux disponibles dans l’API HubEau, qui est basée sur les données de l’Hydroportail. Seuls les sites de type standard (voir nomenclature SANDRE) et situés en Pays de la Loire sont retenus. Pour chaque site, les périodes de retour (courbes colorées en fond) sont calculées si une chronique de données d’au moins 20 ans est disponible. Sinon, le débit du site est tout de même affiché, sans périodes de retour. 

Tous les sites ne mesurent pas le débit naturel du cours d’eau. Certains sites sont influencés, c’est-à-dire que leur débit peut varier selon les activités humaines environnantes (voir la définition de débit influencé d’EauFrance). Par exemple, si la station de mesure se situe en aval d’un barrage ou d’un rejet de station d’épuration, le débit mesuré peut varier selon les volumes réintroduits dans le milieu par ces infrastructures. 

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  L’influence générale du site est indiquée dans l’encadré au-dessus de la courbe de débit. Elle peut être nulle ou faible, forte en toute saison, ou influencée en étiage seulement. 

Les stations hydrométriques sont administrées en majorité par la DREAL des Pays de la Loire. C’est elle qui s’assure du bon fonctionnement des appareils de mesure et remonte les données en continu dans la base nationale. Ces données sont de trois types : 

  • Données validées : elles ont été revues et expertisées. Il s’agit des données des années précédentes (jusqu’au 31 décembre de l’année N-1)
  • Données pré-validées : il s’agit des données de l’année en cours (depuis le 1er janvier de l’année N)
  • Données corrigées : ce sont les toutes dernières données mesurées, en cours de validation

Le graphique présenté intègre une période de réserve de 30 jours car ces données sont les plus à même d’évoluer et sont à interpréter avec précaution. 

Où retrouver les données ?

Sur la thématique de l’hydrométrie, l’hydroportail est la référence pour retrouver les référentiels (stations, sites), les caractéristiques de ces entités, ainsi que leurs statistiques techniques (QMNA, VCN3 par exemple). Ce portail est porté par l’OFB, les services de l’état et VigiCrues, et permet la consultation publique de toutes les données hydrométriques nationales. 

Ces données sont rendues accessibles en API par HubEau, permettant l’interfaçage avec des outils automatisés, comme le tableau de bord PowerBI présenté en haut de page. 

Concernant les Pays de la Loire, la DREAL effectue également un suivi hydrologique réglementaire et donne accès à ce travail via le Datalab’Eau. Ce suivi couvre également certains sites en amont des Pays de la Loire (non représentées dans le travail de TEO). Il situe les débits des cours d’eau par rapport aux seuils des Arrêtés Cadres Sécheresse (ACS) décidés par la préfecture.

Comment bien interpréter les valeurs de débits ?

Qu’est-ce que le Q3J ?

Les valeurs de débits sont accessibles sous différentes formes, selon la fonction d’agrégation (débit moyen, minimum, maximum…) et le pas de temps utilisé (débit journalier, mensuel, annuel…). La dénomination technique est décrite par le dictionnaire de l’Hydroportail.

Dans notre tableau de bord, la valeur affichée est le Qm3J (noté Q3J) : le débit journalier moyen sur 3 jours. Il est calculé à partir du Qm1J (ou QmJ, débit journalier moyen sur 1 jour) disponible en API sur HubEau. Ainsi chaque Q3J est la moyenne des QmJ sur trois jours.

Par exemple : le débit moyen sur la période du 06/01/2026 00:00:00 au 08/01/2026 23:59:59 (le Q3J), est la moyenne des débits moyens journaliers (QmJ) des 06/01/2026, 07/01/2026 et 08/01/2026. Ce Q3J est associé à la date du 08/01/2026. 

Le Q3J est préféré dans cette analyse car il permet d’approcher le « débit de base », le débit fourni par les eaux souterraines et non influencé par les pluies. Le QmJ est également davantage influencé par des évènements hydrauliques ponctuels (effets de vannage ou de prélèvements par exemple).

Pourquoi une période de réserve ?

Les données mesurées sur le terrain sont remontées en continu, mais les conditions d’écoulement peuvent être modifiées par des événements naturels et impacter le calcul du débit. Par exemple, les phénomènes extrêmes (crues ou assèchements) peuvent modifier le lit du cours d’eau et nécessiter une adaptation de la courbe de tarage (courbe permettant la conversion d’une hauteur d’eau à un débit), ou la croissance de la végétation en bord de cours d’eau peut ralentir l’écoulement et impacter le débit.

Ces évènements demandent aux techniciens et techniciennes de se déplacer régulièrement sur le terrain pour adapter les instruments de mesure. Cela nécessite de revenir a posteriori sur les données et corriger les valeurs de débit. Ainsi, l’observatoire TEO affiche une période de réserve sur les 30 derniers jours. Le Datalab’Eau alimenté par la DREAL Pays de la Loire donne accès aux dernières données officielles sur cette période.

Périodes de retour des débits

Pour caractériser la situation du débit d’un cours d’eau, il est nécessaire de comparer l’année en cours avec l’historique des données disponibles. La notion de période de retour permet de traiter cet historique avec une approche statistique : 

« En hydrologie, on utilise ce terme pour désigner l’intervalle de temps moyen séparant deux occurrences d’un événement caractérisé par le dépassement d’une valeur particulière pour une variable aléatoire unique » (définition du CEREMA).

En d’autres termes, la chronique de données permet de modéliser le débit du cours d’eau pour chaque jour de l’année. Ce modèle permet de déterminer théoriquement l’éloignement d’un débit par rapport aux valeurs normales et estimer la probabilité de dépassement de ces valeurs

Ces valeurs de période de retour sont bien sûr théoriques et ne prédisent pas précisément la date d’observation de ces évènements. Cependant, elles sont utiles pour situer un débit observé par rapport à la distribution des débits historiques du même cours d’eau

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Une période de retour cinquantennale peut être déterminée même si l’historique du site hydrométrique remonte à moins de 50 ans. Il s’agit de la valeur théorique ayant une chance sur 50 d’être dépassée par la valeur de débit observée.  

TEO met à disposition une fiche méthodologique décrivant les étapes de traitement ayant permis de calculer les périodes de retour : voir ci-dessous.

Pour en savoir plus sur le traitement des données historiques des sites hydrométriques, le code R utilisé pour calculer les périodes de retour est accessible sur GitLab.


En savoir plus


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Guillaume Martinod
Chargé de projets Eau – Interlocuteur données
📞 07 89 42 90 29
📩 guillaume.martinod@teo-paysdelaloire.fr