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Mise à jour le 04.11.2026

Les pressions à l’origine du risque de non respect du bon état écologique

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En 2025, les principales pressions que subissent les masses d’eau en Pays de la Loire à l’origine du risque de non atteinte du bon état écologique d’ici à 2033 sont celles liées aux pesticides (339 masses d’eau, soit près de 75% de la superficie du territoire), aux nitrates (358 masses d’eau, 70% du territoire) et à l’hydrologie* (320 masses d’eau, soit 70% du territoire) (voir ci-dessous).

Sources : État des lieux des agences de l’eau Loire-Bretagne & Seine-Normandie

* : correspond au régime hydrologique des cours d’eau (quantité, dynamique et connexion aux masses d’eau souterraines).


Rappel de l’état des lieux

L’état des lieux est un exercice permettant de réaliser une synthèse des connaissances à l’échelle d’un bassin hydrographique. Cet exercice est une partie intégrante de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) et permet de répondre à ses objectifs, notamment :

  • L’atteinte du bon état des masses d’eau (sur le bassin Loire-Bretagne, l’objectif fixé par le SDAGE est 61% de masses d’eau en bon état d’ici 2027) ;
  • De prévenir, limiter et selon les cas, supprimer l’émission de substances polluantes dans le milieu.

Évaluation du risque de non-respect des objectifs

Il s’agit d’une notion capitale de l’état des lieux qui permet d’identifier les masses d’eau devant bénéficier d’actions de reconquête de la qualité des eaux, au risque de ne pas respecter les objectifs fixés par le SDAGE d’ici à 2033, et donc ne pas être en bon état d’ici là. Pour réaliser cette évaluation, il est nécessaire d’analyser les pressions subies par les masses d’eau. 

Les impacts des activités humaines sont alors comparés et analysés au regard de la qualité générale des milieux, tout en tenant compte des scénarios tendanciels. L’idée étant de répondre à la question :
« Le milieu aquatique est-il capable de supporter l’impact des activités humaines sur le bassin versant considéré ? »

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Cette analyse des pressions et des risques associés permet d’identifier les paramètres responsables de la dégradation du milieu à une échelle donnée.

Attention, une activité anthropique ne génère pas forcément une pression significative sur le milieu aquatique. L’impact sur le milieu dépend de nombreux facteurs, notamment la sensibilité et la vulnérabilité de ce milieu au paramètre étudié.

En Pays de la Loire, moins de la moitié des masses d’eau de type « cours d’eau » seulement subissent moins de 5 pressions significatives différentes (208 masses d’eau cours d’eau, soit près de 48% du total régional).

Cartograhpie du nombre de pressions à l'origine du risque de non atteinte du bon état écologique par masses d'eau cours d'eau en Pays de la Loire
repartition pression departement

Les différents paramètres évalués

Ci-dessous sont présentés les éléments principaux permettant de définir si une masse d’eau subit une pression significative. À noter : la méthodologie employée est différente en fonction de chaque paramètre. 

Les méthodologies associées aux paramètres présentés ci-dessous concernant les masses d’eau cours d’eau. Ces masses d’eau représentent la majorité des masses d’eau du territoire. Pour obtenir plus de détails sur le calcul propre aux plans d’eau, masses d’eau côtières ou de transition, veuillez-vous référer à la documentation de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne.

Pollution diffuse

Sont repris sous cette catégorie de paramètres : les nitrates, les pesticides, le phosphore, ainsi que la pollution ponctuelle micro et macropolluants. 

Nitrates : les résultats de surveillance des stations de mesures sont analysés avec les tendances projetées en 2033 et l’occupation du sol pour évaluer le niveau de pression des masses d’eau. En effet, les pressions en nitrates issues des activités agricoles dépendent fortement du type de cultures et des pratiques agricoles associées.

Pesticides : de nombreux paramètres différents permettent d’évaluer si une masse d’eau subit ou non une pression significative. Parmi ceux-ci, le nombre de dépassements de la PNEC , la vulnérabilité des milieux aux mouvements de l’eau dans le sol, la quantité de substances actives achetées, l’occupation du sol ou le niveau de contamination de polluants spécifiques. Les Pays de la Loire étant une zone à dominante grandes cultures, un grand nombre de masses d’eau subissent une pression élevée pour ce paramètre.

Phosphore : les facteurs permettant d’identifier les masses d’eau à risque sont : les apports en phosphore total, la vulnérabilité au transfert de pollutions diffuses, l’état consolidé de l’état des lieux pour le paramètre phosphore et la tendance des concentrations calculée entre 2020 et 2023.

Micropolluants : la liste des substances considérées dans le cadre de l’analyse de risque ne prend en compte qu’une infime partie des micropolluants, soit près d’une centaine de substances. Pour ce paramètre, la presison est évaluée à travers les rejets ponctuels issus des stations d’épuration des collectivités et des industriels non raccordés.

Macropolluants : ce paramètre traite des rejets ponctuels de matières organiques, d’azote et de phosphore en situation d’étiage. Les rejets considérés proviennent, d’une part, des systèmes d’assainissement collectifs des eaux usées (stations de traitement et des trop-pleins des réseaux et déversoirs d’orage), et d’autre part, des industriels isolés (c’est-à-dire non raccordés au système d’assainissement collectif).

Altération de l’hydromorphologie

Derrière le terme « hydromorphologie », se cache en fait trois paramètres : l’hydrologie, la morphologie et la continuité.

Hydrologie : les pressions sont calculées sur base des volumes prélevés à l’étiage (voir la section ci-dessous), l’évaporation estivale des plans d’eau, le régime hydrologique et la connexion des cours d’eau aux masses d’eaux souterraines.

Morphologie : les pressions sur la morphologie engendrent des modifications de formes du cours d’eau et de son environnement proche, se traduisant par une altération des conditions de vie des différents habitants d’un cours d’eau : poissons, végétaux aquatiques, petits invertébrés, etc. Ces pressions sont caractérisées à l’aide de l’outil national SYRAH.

Continuité : les pressions sur la continuité résultent des obstacles à l’écoulement naturel des cours d’eau (barrage, seuils, digues). Celles-ci sont évaluées grâce aux taux d’étagement et de fractionnement des cours d’eau, ainsi qu’avec l’outil SYRAH.

Impact des prélèvements

Les masses d’eau susceptibles de ne pas atteindre le bon état sont celles pour lesquels le taux d’exploitation est supérieur à 20% et l’état écologique est moins que bon.
Le taux d’exploitation est calculé en faisant le rapport entre les volumes d’eau consommés et la ressource disponible. Ce taux est calculé au moment le plus sensible pour les milieux, c’est-à-dire à l’étiage.

En Pays de la Loire, un grand nombre de masses d’eau subissent une pression significative pour ce paramètre. Ceci est le résultat de plusieurs facteurs, notamment des périodes d’assecs de plus en plus marqués qui fragilisent les milieux. D’autant plus que les activités humaines à cette période sont soutenues (alimentation eau potable et irrigation par exemple).

D’autres pressions sur l’hydrologie impactent significativement l’état des masses d’eau, comme les plans d’eau sur cours d’eau, l’abreuvement, le drainage ou l’imperméabilisation des sols. Enfin, dans un contexte de changement climatique, les débits des cours d’eau évolueront dans les prochaines années et selon les projections, ceux-ci auront tendance à diminuer en été, fragilisant d’autant plus les milieux aquatiques.

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Gabriel Carestia
Chargé de projets Eau – Interlocuteur thématique
📞 06 80 30 39 24
📩 gabriel.carestia@teo-paysdelaloire.fr