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Mise à jour le 21.09.2026

État des masses d’eau souterraines

En Pays de la Loire, sur un total de 56 masses d’eau souterraines*, 46% sont en bon état chimique (soit 26 masses d’eau) et 61% sont en bon état quantitatif (soit 34 masses d’eau).

Les paramètres responsables de la dégradation de l’état chimique sont principalement les pesticides et leurs métabolites (16 masses d’eau déclassées), les nitrates, pesticides et métabolites conjointement (12 masses d’eau déclassées) et les nitrates seuls (2 masses d’eau déclassées). 

Pour l’état quantitatif, c’est l’altération liée aux prélèvements souterrains pour les usages anthropiques qui est le principal paramètre responsable du mauvais état des masses d’eau souterraines (15 masses d’eau déclassées). 

Sources : État des lieux 2025, agences de l’eau Loire-Bretagne et Seine-Normandie.  

* : Les masses d’eau considérées ici sont celles dont au moins 5% de leur territoire est situé en Pays de la Loire

Une masse d’eau souterraine, de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un volume distinct d’eau souterraine à l’intérieur d’un ou de plusieurs aquifères , constituant le découpage élémentaire des milieux aquatiques, destiné à être l’unité d’évaluation de la DCE (source : SANDRE).

Dans le cadre de l’état des lieux, l’état chimique et quantitatif des masses d’eau souterraines est évalué tous les 6 ans, et permet d’identifier les freins et les moyens à allouer pour répondre aux objectifs de la DCE. Les résultats de l’état des lieux des eaux souterraines, basés sur des données collectées entre 2017 et 2022, sont présentés ci-dessous au niveau régional.

Attention, cette publication traite des résultats de l’état des lieux uniquement. Pour plus d’informations sur le niveau des nappes ou autres données générales relatives aux eaux souterraines, veuillez vous référer à la section « Pour aller plus loin »

Évaluation de l’état chimique

D’après l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, une masse d’eau souterraine est en bon état lorsque :

  • Les concentrations en polluants dues aux activités humaines :
    • Ne dépassent pas les normes définies au niveau national ou européen ;
    • N’empêchent pas d’atteindre les objectifs fixés pour les eaux de surface et les écosystèmes terrestres alimentés par cette masse d’eau souterraine ;
    • N’empêchent pas d’atteindre les objectifs liés aux zones protégées pour l’alimentation en eau potable.
  • Lorsqu’il n’est constaté aucune intrusion d’eau salée.

L’état chimique d’une masse d’eau souterraine est évalué selon le niveau de concentrations de différents polluants et leur fréquence de dépassement par rapport à des valeurs seuils. Selon qu’il y ait dépassement ou non de ces valeurs ou une éventuelle intrusion saline, des tests sont conduits afin de statuer sur le niveau de dégradation de la masse d’eau (bon ou médiocre).

Bilan de l’état chimique

Au total, ce sont 30 masses d’eau qui sont déclassées pour l’état chimique, la majorité due aux pesticides (16 masses d’eau), aux nitrates et pesticides (12) et aux nitrates seuls (2). Ce sont toutes des nappes libres , aucune masse d’eau souterraine dite captive n’est en mauvais état chimique.  

Concernant les captages pour l’alimentation en eau potable (AEP), 10 masses d’eau ont plus de 20% de leurs captages qui sont déclassés* au regard des paramètres nitrates et pesticides (soit près de 19% des masses d’eau souterraines).
* :Les captages déclassés sont ceux pour lesquels la moyenne des moyennes des concentrations mesurées est supérieure à 75% de la valeur seuil et présentant une tendance significative et durable à la hausse.

carto edl eso e chim 2025

Plus précisément, c’est la moyenne des moyennes annuelles et la fréquence de dépassement des valeurs seuils par paramètre qui sont calculées pour chaque point d’eau pour déterminer l’état chimique.
Ensuite, selon qu’il y ait dépassement ou non, plusieurs tests permettent de qualifier le niveau de dégradation des eaux vis-à-vis des paramètres nitrates, pesticides et métabolites associés.

Au total, ce sont 5 tests différents qui sont menés :

  • Test A : détermine si les dépassements des valeurs seuils sont considérés comme présentant un risque significatif sur l’environnement ;
  • Test B : détermine dans quelle mesure le transfert de polluants de l’eau souterraine vers les eaux de surface est une entrave aux objectifs de la DCE ;
  • Test C : détermine s’il existe des cas d’altération des écosystèmes terrestre en lien avec les eaux souterraines ;
  • Test D : détermine si les pressions de prélèvement sur les eaux souterraines sont à l’origine d’une intrusion d’eau salée ;
  • Test E : évalue la dégradation des eaux souterraines utilisées pour les captages d’eau potable fournissant plus de 10 m³/j ou desservant plus de 50 habitants.

Ces tests ont été menés sur les chroniques de données entre 2017 et 2022. Plus d’informations sur les tests réalisés et les méthodologies associées en cliquant ici

extrait methode eso etat chim
Extrait des règles d’évaluation pour l’état chimique des masses d’eau souterraines (Source : Agence de l’eau Loire-Bretagne)

Évaluation de l’état quantitatif

D’après la DCE, les objectifs à atteindre pour qu’une masse d’eau souterraine soit en bon état quantitatif sont :

  • d’assurer un équilibre sur le long terme entre les volumes s’écoulant au profit des autres milieux ou d’autres nappes, les volumes captés et la recharge de chaque nappe ;
  • d’éviter une altération significative de l’état chimique et/ou écologique des eaux de surface liée à une baisse d’origine anthropique du niveau piézométrique ;
  • d’éviter une dégradation significative des écosystèmes terrestres dépendants des eaux souterraines en relation avec une baisse du niveau piézométrique ;
  • d’empêcher toute invasion saline ou autre liée à une modification d’origine anthropique des écoulements.

Une masse d’eau souterraine n’est en bon état quantitatif que si tous ces objectifs sont respectés. Pour ce faire, quatre tests sont effectués, à l’issue desquels l’état (bon/médiocre) est déterminé.

Bilan de l’état quantitatif

Au total ce sont 22 masses d’eau qui sont en état médiocre en Pays de la Loire. La cause principale de déclassement est associée au deuxième point présenté ci-dessus, c’est-à-dire l’altération de l’état des masses d’eau liée aux usages de l’eau souterraine par les activités humaines.

Sur les 22 masses d’eau, 15 sont en état quantitatif médiocre suite au non-respect de cet objectif. Les six autres masses d’eau déclassées le sont suite à un mauvais équilibre (2), la dégradation des écosystèmes terrestres (2) et la combinaison de l’altération des masses d’eau et des écosystèmes terrestres (2).

L’évaluation repose sur le calcul de 3 tests en Pays de la Loire : 

Le test de Balance : ce test permet d’évaluer l’équilibre entre la ressource disponible et les prélèvements. Pour ce faire, deux calculs sont réalisés : la tendance piézométrique sur la période 2009-2022 et la pression de prélèvement. Le premier test consiste à déterminer s’il y a une baisse significative du niveau piézométrique. Le second, calcule le ratio entre la moyenne des volumes prélevés annuels et la moyenne de la recharge. Selon la valeur du ratio et le type de MESO, le niveau de pression sera différent.

Le test eau de surface : il permet d’identifier les MESO pour lesquelles les prélèvements sont jugés responsables d’une dégradation de l’état écologique des eaux de surface ou d’un risque de non atteinte des objectifs environnementaux. Pour réaliser ce test, un logigramme à plusieurs niveaux est utilisés.

Le test écosystèmes terrestres associés : ce test vise à déterminer s’il existe des cas d’altération des écosystèmes terrestres en lien avec les eaux souterraines et leur prélèvement. Une masse d’eau souterraine sera en mauvais état si la superficie des Zones Natura 2000 dont l’état de conservation est moyenne/réduite représente une surface significative de la masse d’eau souterraine sur laquelle elle se trouve (> 20 %).

État donné qu’il n’y a pas de cas d’intrusion saline en Pays de la Loire, le dernier test spécifique à ce volet n’a pas été réalisé. 

Pour aller plus loin

Le présent article traite des données publiées dans le cadre de l’état des lieux à l’échelle du territoire des Pays de la Loire. Pour plus d’informations générales sur les nappes et aquifères, leurs niveaux ainsi que des données de prévision, veuillez vous référer aux sections ci-dessous : 


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Gabriel Carestia
Chargé de projets Eau – Interlocuteur thématique
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